Je persiste encore ce soir à vous écrire. Jusqu'à l'épuisement. Cela faisait longtemps, pour moi surtout. Si l'on considère le début de l'Humanité, l'Homme avait toutes les chances pour être heureux. À quelques exceptions près. Mais c'est si peu. Il y avait le Bien, insatisfaisant. Le Mal, tellement plus lâche. Après tout, il faut bien déverser où on peut la part de détresse qu'il y a en nous. La faille. Putain, je parle toujours de faille, de détresse, de Mal. Ça rime à rien. On a beau être heureux, mais le bonheur, on en parle pas. Le Bonheur, ça se vit. Certes, assez rarement. Aller arrête un peu de te plaindre. Vis, bordel. Regarde-les, tous. Ils sont quoi, au juste? Non, je n'ai pas la haine de l'autre comme vous pourriez le penser. Rien qu'à peine. Il se fait tard. Ce soir, c'est différent. Je vais m'abstenir. Moi-même ne comprends pas. Alors, à quoi bon? Je sens le vide, tout près. Mais il ne m'attire pas. Me rejète. Faudrait pas que je me laisse aller. C'est promis. L'Amour je n'y crois plus. Le Bonheur je n'y crois plus. Mais je crois en toi. Faudrait juste que tu le réalises avant quelques temps. Avant qu'il ne soit trop tard. T'as pas vraiment l'air de comprendre ou peut-être pas l'envie. Ce n'est pas simple. Je fais comme si tu m'entendais. C'est triste une fille comme moi, aussi. Mais je suis toujours là. Intacte. Là, mais comment?
(Notre résidence secondaire?)